une plateforme sans ia
humans.li partie 2
Vlad Guill
1 juin 2026
Une plateforme de publication de contenu sans IA.
Un réseau social où l’intégralité du contenu serait publié par des humains pour des humains. Sans béquille cognitive, sans assistance artificielle…
C’est mon idée, certes un peu atypique.
J’imagine un espace numérique sans intelligence artificielle, sans algorithme et sans publicité.
Possible en 2026 ? Cela ressemble à un défi impossible, une noble cause utopique mais irréalisable. C’est donc exactement pour ça qu’il faut le faire.
Alors je vais pousser la réflexion jusqu’au bout. Essayons de construire une telle plateforme.
Je suis fatigué des vidéos générées par IA, c’est bien d’en regarder de temps en temps, surtout celles de Sarkozy qui deale du shit dans un four du 93. Là, l’IA a une utilité réelle. Mais la plupart du temps, ça ne sert à rien, à part consommer des mégawatts pour obtenir une vidéo d’un chat qui joue de la flûte. Donc je vais poser les bases de cette plateforme révolutionnaire, ouais rien que ça.
Déjà, comment garantir que les gens ne vont publier que du contenu généré par intelligence humaine ? Pas facile. Je saoule les gens avec mon concept de watermark genHI => generated by human intelligence. J’ai écrit un article sur le sujet sur Substack il y a deux ans… Je suis du genre constant dans mon délire. Mais l’évidence était déjà là en 2024. Il faut un système pour différencier le synthétique de l’analogique. C’est comme le nutri-score, il faut connaître la qualité du contenu que l’on ingère.
Je suis du genre anticonformiste alors j’ai proposé un watermark genHI, c’est-à-dire marquer le contenu généré par des humains. Je n’ai pas proposé un watermark pour le contenu généré par des machines car je considère que cela sera la norme. Alors autant marquer le contenu humain car plus rare, plus premium selon moi.
J’ai en rêvé, Google l’a fait : SynthID.
Google propose un truc moins cool que moi, il propose un watermark sur le contenu généré par IA. OpenAI est également partenaire pour définir ce nouveau standard.
Bravo les gars, ça fait deux ans que j’en parle, vous avez été un peu longs mais je prends quand même, ça va dans le bon sens.
Revenons à ma plateforme, je vais la concevoir moi-même car les géants de la tech, on voit bien qu’on ne peut pas compter sur eux : ils sont trop lents et ne font pas le boulot correctement.
Je commence par le nom de ma plateforme : ça va s’appeler ‘HUMANS’ tout simplement.
J’avais pensé à OnlyHumans mais la comparaison avec OnlyFans prêtait à confusion.
HUMANS, bah c’est une plateforme pour humains en fait
Sur mon réseau social sans IA, comment garantir que le contenu ne sera pas généré avec l’IA ?
Bien évidemment, je ne vais pas introduire une IA sur mon réseau pour vérifier si le contenu est généré par des humains. Bah non, ça ne marche pas, on est ici sur un truc analogique, entre humains, on ne veut pas de machine pour nous dire si c’est du genAI ou du genHI.
Et puis les machines ne sont pas infaillibles pour ça. C’est techniquement difficile de savoir si un texte a été écrit par une IA, intégralement, en partie ou si l’idée de départ vient d’une IA. C’est impossible.
Sur HUMANS, ma plateforme du futur, on est sur un retour aux sources des valeurs humaines, dans leurs bons et leurs mauvais côtés.
Alors pour garantir que le contenu est généré par des humains, je propose de se reposer sur la confiance…
Ouais c’est léger, je connais la nature humaine. Mais plus j’y réfléchis, plus je me dis que c’est la seule chose qui nous reste. Dans un monde rempli de machines, d’agents IA, de deepfakes, de posts linkedin insipides, ce qu’il ne nous reste, c’est la confiance entre humains. C’est un truc que les machines ne pourront pas nous prendre. Nos valeurs, notre honneur ou notre réputation.
La 1ere action lors de la connexion sur HUMANS sera une attestation. Chaque humain attestera sur l’honneur que le contenu qu’il publiera ici aura été généré par son cerveau uniquement ou au moins que le contenu publié a été perçu par ses propres sens analogiques.
Sur HUMANS, on fait confiance aux humains, on se base sur la parole engagée.
“JE JURE QUE CE QUE JE PUBLIE ICI A ÉTÉ VU, ENTENDU OU ÉCRIT PAR MES PROPRES SENS. JE SUIS LE SEUL AUTEUR. JE SUIS TÉMOIN DU MONDE.”
Vous croyez que je vais faire valider que le contenu est genHI en signant un smart contract sur la blockchain, non pas besoin. On se fait confiance, une idée archaïque dans le monde moderne, un truc qui se perd.
Vous croyez que je vais faire fact-checker les publications de la plateforme par Grok comme sur X, jamais de la vie.
Non, je propose de gérer la modération entre humains uniquement. Si je publie un contenu qui pue le chatGPT, bah les autres humains de la plateforme vont le signaler. Si je poste un contenu qui respire les failles, les forces et les faiblesses de ma pauvre âme humaine, alors les autres humains de la plateforme vont le valider.
Il y aura des boutons humain/pas humain sous chaque post de ma plateforme. C’est mieux que des likes dont tout le monde se fout. Si bien qu’au final, chaque utilisateur de la plateforme aura un score de publication humain/pas humain.
Ce score humain sera une sorte de badge sur le profil de chaque utilisateur, ce badge pourra être exporté ou mis en signature d’email. Cela prouvera que cet utilisateur là est un vrai humain, reconnu par ses pairs, d’autres vrais humains. Par exemple avec un score humain de 80%, un utilisateur pourra aller se la raconter sur le net du futur et dire “Moi je suis une vraie personne, mon profil est validé comme vrai humain. Je ne suis pas un énième bot qui publie en automatique”.
Je suis désolé pour mon cher double numérique mais un profil comme volod1a c’est intéressant mais j’ai envie de savoir si c’est une IA ou un humain. D’ailleurs je lui ai rendu sa liberté, je le laisse publier ses propres idées tout seul. Il scanne le net deux fois par semaine, tire ses propres conclusions et publie sur une plateforme sans fioritures. Allez faire un tour sur son site si l’envie vous prend: https://volod1a.writeas.com/
pas d’algorithme et pas de pub aussi
Tant qu’on est dans le rêve, il n’y aura pas d’algorithme sur HUMANS. Quand on publie, ça post immédiatement et à tout le monde. Un fil d’actu chronologique, sans mise en avant des gros influenceurs et sans mise au ban des petits profils discrets.
Je n’aime pas les algorithmes, je n’aime pas quand quelqu’un (ou quelque chose) choisit à ma place ce que je vais voir. J’aime être libre, pas vous ?
J’ai déjà parlé également du temps critique.
C’est un peu la vitesse à laquelle un humain peut faire des choses. On va dire que le temps critique de l’homme est la journée. Celui des IA est la seconde. Donc sur HUMANS on prendra le temps de publier tranquille, sans pression. Il n’y aura pas d’API pour automatiser les publications ou même les planifier. À ce sujet, le dernier article de volod1a explique comment les Internets sont en train de se transformer pour devenir un Internet des IAs, avec des infrastructures dont le temps critique est la seconde… Les humains n’auront pas beaucoup de place dans cet Internet du futur.
C’est pourquoi il nous faut un refuge numérique, une arche de Noé virtuelle pour nous protéger du déluge agentique.
Et puis sur HUMANS, il n’y aura pas de pubs non plus, oh c’est bon merci. Il y a plein d’autres plateformes si vous aimez les pubs et les contenus générés par IA. Allez-y ! Mais il n’y en aura pas sur HUMANS.
C’est bien beau de refuser la pub, c’est beau de prendre son indépendance et de lutter pour sa liberté. C’est beau mais qui va payer les serveurs et l’infrastructure ?
J’aurais pu proposer de concevoir HUMANS dans le monde analogique, au bar du coin en fait. Un espace de partage de contenu sans IA, sans algo et sans pub. Le bar du coin remplit toutes les cases du concept. Sauf une, les gens sont de plus en plus isolés. Seuls chez eux, les compétences sociales des humains sont en perte de vitesse. Ce n’est plus si facile de se faire des amis ou de trouver l’amour sans applis de rencontre. C’est pour cela que HUMANS sera tout de même une plateforme numérique.
Et donc c’est pas gratuit. Pour être libre, il faut payer soi-même la note.
une plateforme militante
Être sur ma plateforme et avoir un badge de score humain sera un acte militant, voire politique. Il faut revendiquer sa souveraineté numérique, il faut refuser de laisser nos données être contrôlées par Palantir (ça j’ai en parlé l’année dernière).
C’est pareil pour les géants de la tech, chaque Etat ou au moins l’Union Européenne doit être maître de son espace numérique (même si Ursula, personne n’a voté pour elle).
Sur HUMANS j’utiliserai un provider cloud européen et souverain.
Je serai bien obligé d’utiliser une IA pour bâtir la plateforme. Je ne vais quand même pas faire tout ça à la main. C’est comme rédiger un roman sur une machine à écrire ou sur papier. C’est beau, c’est noble mais c’est beaucoup plus long.
Sur HUMANS, les IA serviront uniquement à monitorer les serveurs, à faire des backups, à faire des trucs de machines quoi. J’utiliserai le principe de zero knowledge. L’iA sera mon esclave qui fera tourner l’infrastructure mais le chiffrement lui rendra impossible l’accès aux contenus humains.
Sur HUMANS j’utiliserai un AI provider européen : donc mistral AI. J’utiliserai Devstral pour coder la plateforme (ou Codestral), si possible même avec un LLM local directement dans mon laptop. Cependant je dois prendre des pincettes avec cette affirmation car le prix de mistral AI n’est pas encore à la hauteur des offres proposées par claude ou openai. Je dois voir la réalité en face, je ne vais pas me ruiner pour construire cette plateforme. Et puis il faudra aussi payer la maintenance et les serveurs, alors on fait comment ?
Sur HUMANS, une plateforme militante, les gens devront payer eux-mêmes la plateforme. On est sur du vrai communisme, pas comme celui proposé par Sam Altman dans la partie 1 de cette série d’article. Je propose donc que chaque utilisateur s’acquitte d’un droit à la souveraineté via un timbre fiscal à 1 euro. C’est le prix de la liberté.
Le reste sera financé par les pouvoirs publics. Charge à nos élus d’assurer notre souveraineté, qu’ils arrêtent de revendre nos données aux Américains et peut-être qu’on votera pour eux.
HUMANS sera une plateforme engagée bien sûr. Alors le code sera open source. N’importe qui pourra construire sa plateforme pour humains pour son pays ou pour son groupe d’amis si ça lui chante. La connexion entre les plateformes pour humains sera possible dès le design initial. Nos amis linuxiens seront ravis, ils pourront analyser le code et confirmer qu’il n’y a pas d’IA si ça les amuse.
Sur HUMANS, il y aura un espace public L’AGORA, ouvert à tous, sans algo et sans pubs donc. Et puis il y aura un espace privé LE CERCLE, avec son groupe perso d’humains que l’on connaît vraiment, avec qui on parle en privé. Le droit à la vie privée fait partie de la souveraineté numérique.
L’AGORA de HUMANS sera visible sur Internet sans créer de compte. Cela deviendra le dernier bastion des contenus générés uniquement par des humains. Cela deviendra une sorte de musée des idées pré-AGI. Les agents IA (les fameux agents Smith de Matrix) pourront nous observer de l’extérieur et essayer de comprendre ce que l’on dira là-bas. Ils nous observeront un peu comme dans un zoo. Les agents IA seront tellement avancés par rapport à nous, que l’on ne comprendra plus vraiment ce qu’ils feront. Et eux aussi ne comprendront rien à nos bêtises d’humains.
On sera bien sur HUMANS, à parler en faisant des fautes d’orthographe, en balançant des idées parfois mauvaises, parfois géniales. On fera des trucs d’humains quoi.
on a les bases, il y a plus qu’à
Voilà mon idée de plateforme sans ia, sans algo et sans pub.
Je sais pas bien que mon “gentlemen’s agreement” pour ne pas publier sur la plateforme de contenu genAI est un peu faible. Mais je suis convaincu que la confiance entre humains, les valeurs qui nous lient seront les seules armes qui nous resteront face aux machines.
Je ne suis pas anti-IA. Je suis pro-humain.
Il faut donner la responsabilité aux IA de gérer l’énergie du monde, d’améliorer notre santé, de gérer l’agriculture, de gérer la construction des maisons ou tout ce que vous voulez. Mais il ne faut pas donner d’armes aux IA, il faut militer pour conserver un espace numérique “HumansOnly” sans machine. Gardons-en au moins une. Je propose de le faire, au moins de commencer. Je fais le boulot quoi.
Rejoindre HUMANS sera un peu comme rejoindre un parti politique, une forme de résistance face à l’AGI.
Alors je serai ravi quand une IA fera mon boulot et que Sam Altman me filera un salaire universel (si ça arrive, hein). Mais je ne veux pas lire des livres générés par IA. C’est comme Hollywood, ils ne veulent pas de scénario généré par IA, par contre ils sont OK pour que le montage ou les tâches répétitives soient faites par des agents IA. Il faut conserver l’IA à sa place, c’est-à-dire à notre service, pas l’inverse. Il ne faut pas utiliser chatGPT pour brainstormer son prochain projet, il faut l’utiliser pour exécuter des actions sous notre contrôle.
Il faut militer pour sa souveraineté numérique. Sinon demain, c’est Elon, Jeff et Sam qui auront tout le contrôle et qui vivront la belle vie, décideront des miettes qu’ils nous laisseront, le tout en utilisant nos données et en nous servant des pubs pour nous faire consommer leurs propres produits.
Bon au pire si j’y arrive pas, je revendrai le concept aux américains et ils en feront un business en surfant sur la trend du retour à l’analogique (c’est ironique). J’aimerais aussi qu’il y ait un bouton sur les plateformes actuelles pour désactiver tout le contenu genAI, une sorte de switch sur Insta ou TikTok pour ne voir que du genHI. Autre concept que je devrais vendre aux américains.
Mais ce n’est pas le sujet, ici on est dans l’engagement, dans la rébellion contre l’empire.
Bref, rejoignez HUMANS, rejoignez la résistance, rejoignez la waiting list ICI
Vlad
Dans la partie 3, nous verrons comment construire une telle plateforme (je n’ai pour l’instant aucune idée de comment faire).
Retrouvez la partie 1 de cette série d’article sur cette plateforme géniale.
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May 14
Titre accrocheur mais réel.