openai découvre le communisme

openai découvre le communisme

humans.li partie 1

Vlad Guill

14 mai 2026

Titre accrocheur mais réel.

Dans un article publié sur le site de openai, Sam Altman explique les principes de sa boîte, et de ce que devrait être l’IA selon lui.

https://openai.com/index/our-principles/

Un court article passionnant, si seulement on n’essayait pas de nous faire avaler une pilule un peu trop grosse. En tout cas, ça commence bien, Sam nous promet une IA révolutionnaire pour l’humanité. Encore plus forte que la machine à vapeur ou l’électricité. Et ça sera tellement bien et ça va tellement bien marcher, qu’il faut en faire profiter toute la planète.

Est-ce que Sam reviendrait sur la dimension initiale d’openai à savoir une fondation “open” pour une IA ouverte et pour tous ? Le procès qui l’oppose actuellement à Elon Musk en est l’objet. Selon Musk, Altman aurait trahi l’accord fondateur de faire d’openai une entité non-commerciale. Pourtant lorsque Satya Nadella de Microsoft a tendu 1B$ à Sam… Il a pris le chèque.

En creusant dans les autres articles et les déclarations d’Altman, on sent bien un retour à une IA “pour tous”, une démocratisation de l’IA. Coïncidence avec le procès en cours ? Quoiqu’il en soit, openai nous promet monts et merveilles.

Dans ce nouvel élan de partage, openai et Sam pensent qu’il faut revoir notre projet de civilisation. Rien que ça. L’IA va clairement faire le boulot des gens, elle va booster et faire bondir l’économie via une productivité quasi infinie. C’est un peu le même discours qu’Elon. J’avais écrit un truc sur le sujet : la société d’abondance. Finalement ces deux gars nous proposent un projet assez similaire. Seul le PDG d’Anthropic Dario Amodei, reste encore un peu frileux sur l’issue de l’utilisation massive d’IA à tous les étages.

Lenine promettait “la paix, des terres et du pain”, openai promet qu’on n’aura plus besoin de travailler. Je suis assez chaud avec ce genre de promesse.

Sam nous dit qu’il n’y aura tellement plus de boulot, qu’il faudra nous verser un revenu universel. Au début, on passera à la semaine de 4 jours puis progressivement, le boulot sera réservé à une élite d’humains les plus intelligents encore capables de comprendre ce que disent les IA. Les autres, rentrez chez vous, y’a plus de boulot pour vous. On va vous donner un petit revenu pour vous occuper et survivre. Vous inquiétez pas, avec l’IA on aura tellement d’argent que tout le monde sera bien.

Difficile à croire vu la tendance capitaliste de ce monde.

Pourtant Sam propose un plan. Les revenus supplémentaires colossaux générés par le gain de productivité de l’IA devront être mis dans un fonds souverain et redistribués aux utilisateurs. Une sorte de partage des intérêts vers tous les ex-employés pour compenser le fait qu’ils n’aient plus de boulot.

C’est une sorte de kolkhoze numérique ou l’on met le travail en commun des humains et des IA pour une redistribution équitable, à la différence, qu’en fait plus personnes ne bosse à part les IA.

openai nous propose le communisme

Tout d’abord, Sam nous dit qu’il faut commencer par démocratiser l’IA, c’est à dire que tout le monde utilise sa plateforme. Il ne cherche pas à démocratiser l’infrastructure de l’IA en la rendant libre et open source. Non, il faut juste que tout le monde utilise les bons de consommation offerts pour sa plateforme. C’est mieux pour lui si on utilise sa plateforme mais c’est aussi mieux pour lui si il en garde le contrôle total.

C’est un peu le collectivisme des tokens : tout le monde a accès à la soupe, mais c’est OpenAI qui tient la louche.

La démocratisation de l’IA annoncée est donc loin du partage de la “ressource IA” mais s’apparente plutôt à un techno-féodalisme masqué par un revenu universel.

Lorsque les IA géreront toute la production, la santé, l’alimentation, la construction des logements pour les humains… Il nous restera quoi à faire ? Pourquoi j’irais utiliser Chatgpt pour rester oisif comme un chameau sans touareg ? J’aurai besoin de me divertir, probablement que le Chatgpt du futur aura un Netflix qui générera une série complète à ma demande suivant mon humeur du jour.

Parce que si personne n’utilise plus Chatgpt, si les humains dont tous les besoins naturels sont assouvis par des machines, si ces humains du futur passent leur temps à faire de l’art, à s’aimer, à danser, enfin à faire des trucs d’humains sans intérêts financiers derrière, qui va utiliser Chatgpt ?

C’est pourquoi je mets en doute la proposition de Sam de partage à la communiste des capitaux. Je me demande quelle sera la règle de répartition ? Est-ce que ça marchera au niveau d’un Etat uniquement ? Parce que son plan, c’est openai aux Etats-Unis qui contrôle le game donc je suppose que si c’est souverain, il ne redistribuera les benefices qu’aux US. Ou alors il suffira d’utiliser la plateforme pour être payé… C’est flou. Et quand c’est flou, il y a un loup.

Surtout que si plus personne ne bosse, c’est la fin du lien social par le travail, remplacé par une rente numérique distribuée aux “citoyens” passifs de leur écosystème. L’isolement des humains via un monde numérique parallèle, la fameuse Matrice.

penser un nouveau projet de civilisation

Je suis d’accord avec mon cher Sam, il y’a un vrai sujet de civilisation à traiter. C’est un débat, politique, philosophique, technique et économique à avoir… Le tout à l’échelle de la planète svp.

Je me frotte les mains à l’idée de pouvoir y participer. Même si je suis loin d’avoir les compétences requises pour un tel sujet. Et il y a aussi un monde où l’on ne me demande pas mon avis. Où les puissants de ce monde ne demandent l’avis de personne en fait. La finalité pourrait être que les géants contrôlent les IA, les IA contrôlent tous les jobs, et nous, pauvres humains, on ne contrôle plus rien.

Cela vaut la peine de discuter d’un tel projet civilisationnel, à mon petit niveau, je perçois que la souveraineté numérique est l’un des premiers piliers à bâtir pour cette nouvelle civilisation post-IA. Faut-il une super IA à l’échelle, du monde, d’un Etat, de ma maison ? Personnellement j’ai anticipé un peu. Je m’amuse à configurer une IA locale dans un mac mini. C’est une petite boîte avec une puce ultra performante à la mémoire unifiée. De quoi faire tourner un chatGPT perso sans le moindre versement d’euros à un géant de la Big Tech en échange d’une poignée de tokens. Mon mac mini les digère lui même, avec une puce que j’ai déjà payé. La conso électrique est faible mais je garde en tête que la souveraineté énergétique doit aller de pair.

On vit une époque formidable.

Effrayante ou passionnante, je vous laisse choisir le bon terme. Disons les deux.

Bien que je lance des idées en l’air en attendant que ça retombe. Je voudrais être actif, je voudrais participer tel un bâtisseur numérique des temps modernes.

un lieu numérique mais sans ia

Mais comment ? Comment nous, les gens n’ayant pas le contrôle de ces Big Tech, pourrions-nous être les acteurs de cette révolution ? Refuser d’utiliser leurs plateformes ? J’ai essayé, à moins de supporter un retour à l’âge de pierre, je ne crois pas que cela soit possible. Créer des plateformes nous-même ? Cela me semble déjà plus envisageable.

Et puis, quel sera le monde une fois que tout internet sera produit par des IA ? Lorsque tout le contenu et les idées seront générés par Claude ?

Il nous faut un refuge, une arche de Noé pour humains dans ce déluge numérique. La vague de contenu genAI (generated by AI) va nous submerger. Il nous faut un espace avec tout ce qui a été genHI (generated by humain intelligence) depuis l’aube de l’humanité. Un musée du savoir et des idées des humains uniquement. Je ne dis pas qu’il ne faut pas utiliser d’IA, elles vont créer probablement des vaccins et des trucs très utiles. Je dis juste qu’il faut se créer un petit espace sans IA, just in case. Pour conserver l’essence de l’humanité, sans alteration par une machine.

Ce n’est pas un délire dystopique même si je concède pousser la réflexion un peu plus loin que la machine.

Comme il faut bien commencer quelque part, je propose une plateforme de contenu sans IA. Ouais, une plateforme sans IA, sans algorithme et sans pubs. Partons sur un réseau social dont aucun contenu ne serait généré par IA. Un truc d’humains pour les humains. Une plateforme sans IA ? Cela semble impossible, pourtant j’ai une petite idée.

La suite prochainement dans la partie 2.

Vlad

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